Pages généalogiques de Stéphane LOUIS

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Les Féculiers vosgiens - Exemple de la famille HAILLANT d'Uriménil [1]

article publié dans la revue Généalogie Lorraine N° 136 de juin 2005

par Stéphane LOUIS (U.C.G.L. 2597)

 

Il n’est pas rare, lors de recherches généalogiques dans les Vosges, de constater qu’un ancêtre exerçait la profession de féculier ou fabricant de fécules. Cette dénomination correspond à une profession très répandue à la fin du 19° siècle, époque à laquelle la plupart des villages de la Vôge et des terres gréseuses de la région de Bruyères possédaient une ou plusieurs féculeries.[2]

Un développement fulgurant

En 1810, Mr BLOCH de Düttlenheim en Alsace fut le premier à fabriquer de la fécule de pomme de terre [3]. Pendant une quinzaine d’années, il fut le seul à en fabriquer en France. Ce n’est qu’en 1833 qu’une petite féculerie fut construite dans les Vosges, à Fresse, par Mr Jean STEIGER. Son entreprise réussit et il monta en 1836 une deuxième féculerie à Saulx, puis une troisième à Jarménil. Une féculerie ne se composait alors que d’une râpe grossière, d’une pompe en bois, d’une certaine quantité de tonneaux défoncés et de tamis portatifs ; une chambre dans laquelle on disposait des châssis sur une charpente de liteaux servait de séchoir.

A partir de 1838 cette industrie se propagea rapidement dans le département des Vosges. Vers 1840, Mr Jean MARCHAL, de Hozel [4], entreprit la culture industrielle de la pomme de terre et fit construire des usines très rudimentaires à Hozel [5], Uriménil et Uzemain.

Le nombre de féculeries s’éleva très rapidement. En 1858, on en comptait 250, en 1878 plus de 300 pouvant produire 25.000 tonnes de fécule par an. Cette progression s’explique par le faible coût et la simplicité des usines ainsi qu’à la présence de nombreux cours d’eau utilisés comme force motrice ainsi que pour le lavage de la fécule. De plus, l’eau des Vosges, particulièrement acide, donnait à la fécule un brillant qu’aucun autre pays ne parvenait à égaler. [6]

Une période de maturité

Après un développement fulgurant, les féculiers améliorèrent la qualité de leur production. Ainsi, à l’exposition universelle de 1867, les fécules vosgiennes ont servi de type au jury pour l’examen des produits des autres provenances et ont obtenu une médaille d’or, récompense à nouveau obtenue en 1878 et 1900.

Au début, on ne fabriquait qu’une seule qualité de fécules (fécules premières). Par la suite, on se mit à séparer les fécules légères, nommées deuxièmes ou repassées, et les fécules grises, qui se perdaient auparavant, au moyen de citernes ou fosses pour retenir les résidus.

Par des lavages répétés, les fabricants pouvaient obtenir des qualités extra-supérieurs, supérieures, blanchiment et première qualité.

Tout d’abord utilisées exclusivement dans les pharmacies, les fécules trouvèrent un débouché dans l’industrie textile pour le parage des chaînes de coton et l’apprêt des tissus blancs, en raison d’un meilleur rendement ainsi que d’un coût moindre [7]. Elles furent également utilisées dans l’industrie papetière, les fabriques de glucoses ou sucres pour brasseur…

Enfin, la machine à vapeur fit très vite son apparition dans industrie des fécules afin de toujours produire lorsque le niveau des cours d’eau était trop faible ou en crues.

Plan de la féculerie Maurl et Farinez à Xertigny en 1848 [8]

Epinal devint rapidement le marché régulateur pour toute la France. Cependant, devant une spéculation désordonnée, les féculiers se regroupèrent au sein d’un syndicat de 1861 à 1864 puis au sein de l’Association Féculière, à partir 1864. L’ouverture en parallèle à Epinal de l’établissement des Magasins Généraux, en 1860-1861, contribua également au développement de cette industrie. Toute fécule présentée à la vérification des Magasins Généraux qui ne remplissait pas les conditions du type officiel était refusée comme « fécule des Vosges ».

 

Statuts de l’Association féculière [9]

Ayant été à même d’apprécier les services rendus à l’industrie féculière par l’association qui avait été formée le 27 juillet 1861 sous le nom de Syndicat, et prenant fin au 29 juillet 1864, Les soussignés déclarent par ces présentes former une nouvelle association en vue des mêmes résultats, et ont fait entre eux les conventions suivants :

Article 1. Le siège de l’Association est maintenu à Epinal. L’agent qui la représente prend le titre de Gérant de l’Association féculière. Cette fonction continue à être confiée à Mr GUILGOT.

Article 2. Le Gérant est chargé d’entrer en relations avec les principaux marchés et les principaux centres de consommation ou de production de la fécule, d’y établir des correspondances et des relations ; d’y recueillir tous les renseignements possibles sur les cours des ventes, sur les besoins de la consommation, sur l’état des récoltes de pommes de terre, en un mot sur tout ce qui est de nature à intéresser le commerce des fécules.

Article 3. Il devra tenir ses livres d’ordre à la disposition des membres de l’Association. Il devra en outre envoyer à chaque féculier un bulletin sommaire sur les cours tant du marché local que des autres marchés ; cette note sera envoyée à des époques périodiques qui seront fixées par la commission de surveillance dont il sera parlé ci-dessous. Les cours du marché local se détermineront en prenant la moyenne du prix des ventes effectuées dans l’intervalle de publication d’un bulletin à l’autre.

Article 4. Le gérant recevra toutes les demandes de fécules qui lui seront adressées et les consignera immédiatement sur un registre spécial, il devra prendre des renseignements sur la solvabilité des maisons qui feront ces demandes, mais sans la garantir.

Article 5. Le Gérant recevra également les offres de marchandises qui seront faites par les producteurs qui auront adhéré aux présentes ; le fabricant devra toujours avoir un échantillon type de sa fabrication déposé dans les bureaux de la Gérance. Ces offres seront consignées sur un registre spécial avec les instructions signées du fabricant ; au cas où l’offre serait faite par lettre, la correspondance sera conservée à l’appui. Entre plusieurs offres de même nature, la plus ancienne en date obtiendra la préférence. Le féculier est toujours libre de vendre ses produits à qui bon lui semble et à telles conditions qu’il voudra ; il est également libre de vendre directement et sans l’intermédiaire du Gérant.

Article 6. Le Gérant servira d’intermédiaire entre le vendeur et l’acheteur. En cas de difficultés, il interviendra autant que possible pour les aplanir. Les ventes faites par son intermédiaire auront lieu sur échantillons autant que faire se pourra, lorsqu’il s’agira de qualités désignées sous une autre dénomination que fécule première. Les sacs ne devront être livrés par le vendeur que fermés et plombés avec indication du nom du fabricant.

Article 7. Le Gérant ne pourra sous aucun prétexte, directement ou indirectement, acheter ou vendre, ni faire aucune opération de commerce pour son compte personnel.

Article 8. Les appointements du gérant sont fixés au chiffre minimum de dix mille francs. Les frais de bureau, correspondance et voyages, dans le département seulement compris.

Article 9. La gestion du gérant est contrôlée par une commission de surveillance composée de dix membres jusqu’à cent adhérents et de deux autres par cinquante choisis parmi les féculiers signataires des présentes, nommés par aux et renouvelables tous les ans.

Article 10. La Commission de surveillance est chargée de diriger les opérations du Gérant, de l’aider de ses conseils et de son concours, de recevoir et examiner les plaintes qui pourraient s’élever sur son administration. Elle est chargée en outre d’opérer le classement des fécules en autant de qualités qu’elle le jugera ultérieurement nécessaire, suivant les échantillons types déposés par les fabricants dans les bureaux du Gérant qui devra tenir ses registres et sa correspondance à la disposition de la Commission de surveillance.

Article 11. La Commission nommera elle-même ses Président, Vice-Président, et Secrétaire Trésorier, elle règlera son organisation intérieure. Néanmoins tout membre de la Commission qui sans empêchement aura manqué à trois séances consécutives sera considéré comme démissionnaire. Lorsque le nombre des membres de la Commission de surveillance sera réduit de un tiers il sera procédé en assemblée générale au remplacement des membres qui ne feront plus partie de la Commission.

Article 12. La Commission provoquera chaque fois que les circonstances l’exigeront une réunion générale de tous les membres de l’Association. Elle pourra proposer à l’assemblée générale toutes les modifications au présent règlement que les circonstances rendraient nécessaires. Une réunion générale aura lieu de droit du 1er au 10 septembre, afin d’entendre le rapport de la Commission de surveillance, et procéder au renouvellement des membres de cette Commission. Les résolutions de l’assemblée générale seront à la majorité absolue des suffrages exprimés. Il en sera de même pour les délibérations du conseil de surveillance. En cas d’égalité dans les suffrages, la voix du Président sera prépondérante. Les membres sortants seront toujours rééligibles.

Article 13. Les membres fondateurs de la présente association n’auront à payer aucun droit d’entrée. Sera considéré comme membre fondateur tout féculier qui aura donné son adhésion par écrit avant le 27 juillet 1864. Les membres non fondateurs qui voudront par la suite faire partie de l’association, auront à payer un droit d’entrée de vingt francs.

Article 14. Chaque membre de l’association payera annuellement une cotisation de 0.05 par cent kilos sur la somme totale de sa production : toutefois quel que soit le chiffre de cette production, la cotisation ne pourra être inférieure à 20 francs. En cas d’insuffisance la Commission pourra élever ce droit jusqu’au chiffre nécessaire pour couvrir le déficit. Chaque membre devra faire la déclaration de sa production au 31 décembre et au 31 juillet de chaque année. La Commission aura le droit de vérifier ou de faire vérifier soit par le Gérant, soit par une Commission qu’elle nommera à cet effet l’exactitude de ces déclarations. En cas d’inexactitude prouvée, le chiffre de la déclaration sera rectifié d’office et le féculier qui se sera rendu de cette fraude sera déchu de tout droit de participation à la réserve.

Article 15. Il sera en outre perçu un droit de 0,20 centimes par cent kilos sur les marchandises vendues par le Gérant.

Dispositions Générales

Article 16. Les cotisations ci-dessus seront perçues à la diligence du gérant auquel tous pouvoirs sont donnés pour agir même judiciairement contre les féculiers qui ne rempliraient pas les cotisations qui leur sont imposées par les présentes. Ces sommes seront perçues par le Gérant et déposées par lui chez un banquier désigné par la commission. Elles serviront à payer le traitement du gérant, les frais généraux et les dépenses qui pourraient être faites dans l’intérêt de l’Association. Le surplus s’il en existe sera employé à constituer un fonds de réserve qui à la fin de chaque année sera réparti, savoir la moitié pour les membres de l’association, moitié pour le Gérant. En ce qui concerne les membres de l’Association, le fonds de réserve ne sera réparti que tous les trois ans entre les membres qui, à l’expiration de chaque période, feront partie de l’Association. La répartition entre les adhérents aura lieu au prorata des sommes versées tant au titre de droit sur les ventes qu’à titre de droit sur la production.

Article 17. La présente association est faite pour une durée de dix années qui commenceront à courir le premier août 1864 ; néanmoins, tout membre aura le droit de se retirer avant le terme fixé, mais à la condition de prévenir 6 mois d’avance et par écrit le Gérant qui devra lui accuser réception de cette réclamation et en donner avis au Président le la Commission. Quelle que soit l’époque de la sortie effective, les droit seront toujours payés pour l’année entière. L’exercice pour chaque année sera clos le 31 juillet. Le Gérant ne pourra renoncer à ses fonctions qu’en prévenant par écrit le Président de la Commission un an avant le 31 juillet. Dans le cas où l’administration du Gérant deviendrait préjudiciable aux intérêts généraux de l’association, ou en cas de décès, la Commission de surveillance proposerait son remplacement à l’assemblée générale. L’association ne pourra être déclarée dissoute avant le délai ci-dessus fixé que dans les cas suivants :

1/ Si par suite de démission ou de décès, les membres de l’Association se trouvaient réduits au nombre inférieur à cinquante.

2/ Si en cas de changement ou de remplacement de Gérant, les membres de l’Association ne pourraient s’entendre sur le choix d’un successeur.

Les résolutions prises dans ce cas par l’assemblée générale seraient obligatoires pour que tous les membres de l’Association ; toutefois dans ce cas les membres qui n’adhèreraient pas à l’opinion de la majorité auraient le droit de se retirer immédiatement en acquittant la fraction des droits échus à ce moment, et sans être tenus de prévenir 6 mois à l’avance. La Commission de surveillance est chargée de suppléer à tous les règlements de détail non prévus aux présentes, qui n’engageront les signataires qu’autant que cinquante adhésions auront été obtenues. Le Gérant annexera aux présentes un état certifié par lui, contenant l’indication des noms, prénoms et domiciles des féculiers qui auront adhéré cet état, sera publié avec l’acte d’association et un double sera affiché dans le bureau de la Gérance. Les présentes ne pouvant être faites en autant d’originaux qu’il y a de parties contractantes, un original des présentes sera déposé par le Gérant entre les mains d’un notaire choisi par la Commission de surveillance. Ces formalités ainsi que celle de la publication ne seront remplies qu’autant que le nombre d’adhésions aura atteint le chiffre ci-dessus fixé de cinquante. En tout cas elles devront l’être à la diligence du Gérant avant le 1er août prochain. En fin de chaque année d’exercice, il sera déposé chez le même notaire par le même gérant s’il y a lieu, un état supplémentaire des adhésions qui pourront être données par la suite.

Fait à Epinal le 25 avril 1864.

 

Les premières difficultés puis un repli progressif

Nous parlons aujourd’hui beaucoup de la mondialisation et de son effet sur l’industrie, mais le phénomène n’est pas récent. Les féculiers vosgiens connurent très rapidement la pression de la concurrence française et étrangère. Vers 1878 les fécules allemandes et hollandaises commencèrent à inonder les marchés [10]. Puis vint la concurrence des maïs exotiques employés en glucoserie [11]. Les féculiers et les producteurs de pommes de terres firent pression sur les autorités afin d’augmenter les droits de douane pour les fécules étrangères, ce qui fut obtenu en 1882, ainsi que sur les maïs, ce qui fut obtenu en 1890 et confirmé en 1892. Ces mesures furent cependant insuffisantes car ne protégèrent que partiellement le marché intérieur et ne permirent pas de conserver les marchés extérieurs traditionnels, tels l’Alsace, la Belgique, la Suisse, l’Italie et même l’Espagne.

De même, l’engouement récent pour la réglementation contre la pollution et les nuisances n’est pas nouveau. Très tôt les féculeries firent l’objet de plaintes de la part des riverains car elles détournaient les eaux des ruisseaux et diminuaient les volumes d’eau mais surtout produisaient des déchets nauséabonds. Des procès furent presque systématiques et la préfecture réglementa et contrôla très vite les féculeries.

Evolution des ventes de fécules (en tonnes) des Magasins Généraux d’Epinal de 1861 à 1901

 

Dès 1880, les volumes de production de fécule dans les Vosges commencèrent à décroître et le centre régulateur français n’était plus Epinal mais s’était dispersé sur différentes centres de production français. En 1902 ne restaient plus dans les Vosges que 75 féculeries. Cette situation affecta fortement l’agriculture vosgienne par une baisse des prix de la pomme de terre et s’en suivit un besoin vital d’augmenter les rendements par une sélection de tubercules nouveaux, l’utilisation des engrais et la modifications des modes de culture.

 

Exemple de la famille HAILLANT d’Uriménil

L’étude de cette famille m’amena à me documenter sur l’histoire de l’industrie féculière. J’ai alors constaté que l’histoire générale et économique permet d’expliquer les choix de mes ancêtres cultivateurs, qui devinrent meuniers, puis féculiers au 19° siècle, profession qu’ils abandonnèrent ensuite complètement au 20° siècle.

A/ Joseph HAILLANT, né en 1744 à Hadol, décédé en 1808 à Uriménil, épousa en 1769 à Uriménil Marguerite LALLOUE (1745-1824). Tout d’abord laboureur, il devint ensuite meunier. En effet, il construisit à Uriménil un moulin (moulin du centre) et obtint de l’Insigne Chapitre de Remiremont en 1771 le droit d’utiliser pour son industrie le Coney, petit cours d’eau traversant la commune [12]. Le couple eut plusieurs enfants :

1. Marie Anne HAILLANT (1772-1841), alliée en l’an 5 à Jean-Joseph BEGEL [13].

2. Jean Baptiste HAILLANT (1773-1775).

3. Jean Pierre HAILLANT (1775-1846), cultivateur, maire d’Uriménil en 1815, allié en 1804 à Agathe BEGEL (sœur de Jean-Joseph BEGEL).

4. Jean Nicolas HAILLANT (1778-1845), militaire, cultivateur puis meunier, allié en 1798 à Marie Catherine GURY.

5. Joseph HAILLANT, allié en 1790 à Marie Jeanne DIDIER. D’où plusieurs meuniers à Xertigny, Ubexy et St Nabord et boulangers à Epinal.

6. Catherine HAILLANT (1779-1848), alliée en 1815 à Evre CHARTON.

7. François HAILLANT, qui suit B/.

8. Jean Dominique HAILLANT (1784-1784).

9. Jean Evre HAILLANT (1785-1834), maréchal ferrant, allié en 1813 à Jeanne Marie FARINEZ.

10. Louis Martin HAILLANT (1787-1833), cultivateur, allié en 1812 à Marie Françoise FARINEZ (héritière du moulin de Cône à Uriménil). D’où plusieurs meuniers à Uriménil (Cône), Uzemain et Charmois l’Orgueilleux.

 

B/ François HAILLANT, né en 1782 à Uriménil, décédé en 1849 à Uriménil, allié en 1810 à Marguerite PIERRE (1788-1829). Il fut cultivateur et meunier, maire d’Uriménil en 1832-34 (son nom figure sur la pierre de fondation de la mairie d’Uriménil construite en 1833). Le couple eut plusieurs enfants :

1. Marguerite HAILLANT (1813-1900) alliée en 1853 à Nicolas VAUTHIER.

2. Marie Catherine HAILLANT (vers 1811-1880), sans alliance.

3. Nicolas François HAILLANT [14], qui suit C/.

4. Marie Agathe HAILLANT (1820- ?), alliée en 1849 à Jean Blaise HAILLANT son cousin.

5. Marie Anne HAILLANT (1823- ?), religieuse.

 

C/ Nicolas François HAILLANT, né en 1815 à Uriménil, décédé en 1880 à Uriménil, allié en 1843 à Uriménil à Marie Claire CHARTON (1818-1892). Il fut cultivateur, meunier et féculier, maire d’Uriménil en 1865. Il hérita en 1844 de ses parents de « moulin à farine, huilerie, batterie à grains,… …droit de cours d’eau » (moulin du centre d’Uriménil). Il acheta en 1858 à sa cousine Marguerite HAILLANT et son époux François FRANCOIS « un moulin à deux tournants à farine avec ribe et mécanique à battre ainsi que tous les instruments servant au roulement des dites usines le tout mu par l'eau du Coney » (moulin de Cône, commune d’Uriménil). En 1859 il obtint du préfet des Vosges l’autorisation de continuer l’exploitation de deux féculeries à Uriménil. En 1865, il fut membre de l’Association féculière, qu’il quitta durant la campagne de 1866-67. En 1867 il acheta 2/5 de la féculerie d’Uriménil [15] et la féculerie de Brennecône [16], commune de Girancourt, sur Jean Del FARINEZ qui venait de faire faillite [17]. Le 15.10.1874, un arrêté préfectoral portait le règlement de la féculerie de Cône [18] : « Le sieur Nicolas François HAILLANT est autorisé à maintenir une féculerie qu’il possède à Cône, sur le territoire d’Uriménil, et d’appliquer au roulement de cette usine la portion des eaux auxquelles il a droit dans la dérivation actuelle du Coney qui sont aussi en amont de sa propriété à l’irrigation des prés situés dans le versant droit de la vallée. Le niveau légal de la retenue reste fixé à un mètre soixante-quinze centimètres en contre-haut du socle de la féculerie supportant l’arbre des roues motrices, à l’angle amont, vers les prairies, de cette féculerie, point pris pour repère provisoire. Les vannes de décharge demeureront à leur emplacement actuel. Elles consisteront en deux vannes mobiles de quatre-vingts centimètres de la largeur libre chacune, dont la crête, lorsqu’elles sont baissées, sera dérasée au niveau légal de la retenue. Le seuil de ces vannes établi à un mètre vingt-cinq centimètres en contre-haut du repère provisoire, sera maintenu. Le déversoir établi à deux mètres en amont de la vanne de décharge sera maintenu ; il conservera trois mètres de largeur et sa crête sera dérasée au niveau légal de la retenue. Le canal de décharge faisant suite à ces ouvrages devra embrasser complètement et rester disposé de manière à rendre les eaux en amont de la prise d’eau d’irrigation à gauche. L’ancienne prise d’eau existante servant au roulement de l’usine sera conservée. Le sieur HAILLANT demeurera soumis à tous les engagements qu’il a pris à l’égard des tiers intéressés, et particulièrement en ce qui concerne : 1/ La conservation de l’abreuvoir, sans admission de pente d’accès supérieure à seize centimètres par mètre. 2/ Le maintien de la possibilité d’abreuver le bétail et de puiser de l’eau soit au canal, soit au Coney. 3/ La conservation du lavoir particulier Farinez et de celui de l’extrémité du pré MARCAT, ainsi que du lavoir public dans la parcelle communale inférieure. 4/ Le maintien à deux mètres vingt cinq centimètres de largeur du canal de fuite et du lit du Coney, et la conservation des murs de soutènement sur les deux rives de ce canal. 5/ La conservation d’une palissade avec montants en pierre de taille le long des propriétés MARCAT et FARINEZ. 6/ L’entretien à perpétuité de tous ces ouvrages.

Un repère définitif et invariable, du modèle adopté dans le département, sera posé près de la vanne de décharge, en un point qui sera désigné par l’ingénieur de manière à être parfaitement visible de tous les intéressés, sans entrer dans la propriété du permissionnaire. Ce repère, dont le zéro indiquera seul le niveau légal de la retenue, devra toujours rester accessible aux agents de l’administration qui ont qualité pour vérifier la hauteur des eaux ». Le couple eut plusieurs enfants :

1. Marie Nicolas Joseph Evre HAILLANT (1844-1919), docteur en droit, avocat puis avoué à Epinal, membre de l’académie de Stanislas et secrétaire perpétuel de la Société d’Emulation des Vosges [19], allié en 1879 à Marie Rose Euphrasie VAUTHIER.

2. Jean Marie Emile Augustin HAILLANT (1847-1898). Meunier et féculier à Uriménil, il hérita en 1876 de l'usine de ses parents située au centre du village d'Uriménil comprenant « une féculerie, un moulin à farine à deux tournants, une machine à battre et une ribe, ensemble tous les agrés, tournants, virants et roues hydrauliques servant à l’exploitation de la dite usine, aisances et dépendances, cours d’eau. » [20]. Nous la trouvons plus tard désignée sous le nom de « Huilerie et Féculerie A. HAILLANT ».

3. François Marie Louis Fortunat HAILLANT (1847- ?), allié en 1882 à Marie Joseph Ernestine DANY. Il hérita de ses parents en 1876 de la féculerie située à Cône, commune d’Uriménil, « avec ses aisances et dépendances, cours d’eau, roues hydrauliques, séchoir, blutterie, scie circulaire, ensemble tous les engins et ustensiles servant à l’exploitation de la dite usine», mais la revendit rapidement car n’en était plus que fermier en 1881. Il exerçait le métier de féculier en 1876 et 1882 et nous le trouvons comptable en 1890.

4. Marie Agathe Hyacinthe HAILLANT (1849-1857).

5. Marie Catherine Séraphine HAILLANT (1849-1857).

6. Marie Joseph Félicité HAILLANT (1851-1920), alliée en 1882 à Jean Théophile SAUNIER. Elle hérita en 1876 de ses parents de la féculerie de Brennecône, sur le chemin de Xertigny à Dompaire (D39), au Void-de-Girancourt, commune de Girancourt, « et tout ce qui sert à son roulement, machine à vapeur verticale fixe, cours et retenue d’eau, maison d’habitation à côté de l’usine ». Elle exploita la féculerie jusqu’à son mariage et devint ensuite cultivatrice et eut un fils Henri SAUNIER, mon arrière-grand-père, qui continua la profession de cultivateur.

7. Marie Angélique HAILLANT (1853-1853).

8. Marie Pauline HAILLANT (1853-1855).

9. François Marie Pierre Joseph HAILLANT (1856-1857).

 

Liste des membres de l’Association féculière d’Epinal

 

Nom[21] Habitant Entrée Sortie
ALBERT François Joseph Vagney 1865  
ALEXANDRE Charles Dinozé 1864 1865
AMBERT et Cie Saint Germain 1865  
AUBRY & MARTIN Docelles 1864  
BAGREY Michel Gevigney 1865  
BAILLY père et fils St Etienne 1864  
BAILLY Victor Monthureux/Saône 1864 1866
BADONNEL Jean Nicolas Sulpice St Jean du Marché 1864 1867
BALLAND Jean Joseph Jarménil 1865 1866
BARRET et Cie Les Aulnées 1865  
BAUDOIN frères Thunimont 1865  
BEAUDOIN Charles Uzemain 1864  
BERNARD Félix Gremifontaine 1864  
BERQUAND Jean-Baptiste Lépanges 1864  
BEGUIN Paul (veuve) Eloyes 1864 1867
BEXON Joseph Martin Aneuménil 1865  
BEXON Jules Archettes 1864  
BEZANSON Joseph Breuches 1865 1867
BLAISE Georges St Dié 1866  
BLAUDEZ Jean Dominique ou Jean Nicolas Senade 1865 1867
BLED ou BLEY Hyppolite Archettes 1864 1868
BLOCH et ses fils Tomblaine 1865  
BOEGLIN R. F. Dieulouard 1868  
BOILLOT-HABERT et Cie Guers 1865  
BOURGIGNON Dominique Domèvre 1865  
BOURGON (veuve) Dinozé 1864  
BREGEAT Sébastien St Dié 1864  
BRESSON-LEPAIGE Auguste et Cie Darney 1865 1867
BRUEDER Alexandre Arches 1864 1867
BRUEDER Bastien Arches 1869  
BRUEDER Jean Baptiste Hadol 1864  
BRUEDER & BALANDIER Breuches 1865  
CASIOT Jean Bruyères 1864  
CLAUDEL Jean Louis Denipaire 1865  
CLAUDEL Prosper Grandrupt 1868  
COLLOT Désiré Crevéchamps 1866  
COLNEL Nicolas Joseph Laveline du Houx 1864 1865
COTTEL frères Soba 1865  
COURROY Jean Joseph Lépanges 1868  
CREUSOT Louis Senade 1864  
CUNIN Charles Herpelmont 1864  
CUNIN Jean Nicolas Sapenay (Tholy) 1864  
DEMARD & BRUEDER Void d’Escles 1864  
DEMANGEON Jean Dominique Bruyères 1864  
DE MENONVILLE & RETOURNARD Rambervillers 1864  
DIDIER Nicolas Joseph Moyenpal 1864  
DIDIERJEAN & DIVOUX Bru 1865  
DUFOUR & FIGAROL Epinal 1866  
DUGRAVOT Jean Nicolas Bié Moulin 1865 1867
ETIENNE Constant Xertigny 1864  
FARINEZ Jean Nicolas Uriménil 1865  
FERRY François Les Voivres 1864  
FERRY Auguste Hercule et Cie St Dié 1864  
FLEURY (de) et Cie Godoncourt 1865  
FOREL George (fils) Breuchotte 1864  
FOREL Frères Hiel 1864 1865
FOREL-SURLEAU Rupt 1869  
FORT père et fils Moulin de la craie 1866  
FRANCOIS Alexis Uriménil 1869  
GABRIEL Jean-Baptiste Bru 1864  
GALTIER Charles Epinal 1864  
GEORGE Eustache Dompaire 1864  
GEORGE Joseph Frappelle 1866  
GEORGE Victor Jean ou Jean Victor Tholy et La Basse 1865 1865
GERARD Jean Nicolas Raon 1869  
GERARDGEORGES frères Epinal et Tonnoy 1864  
GERARDIN Claude François Gruey 1867  
GRANDCLAUDON Nicolas Jarménil 1864 1867
GRANDEMANGE Joseph Uzemain 1864  
GRANDJEAN La Corveraine 1865 1867
GREMILLET Eloi La Chapelle 1868  
GREMILLET Jean Baptiste Jussarupt 1869  
GREMILLET Jean Nicolas Lépanges 1864  
GROSS et Cie Edouard La Côte 1865  
GURY Nicolas Bié Moulin 1866  
GURY Bié Moulin 1867  
GURY & DIDIER Harsault 1864  
GUYOT Césaire Docelles 1864  
GUYOT Prosper Harsault 1864  
HAILLANT Nicolas François Uriménil 1865 1867
HATTON Jean Etienne Tendon 1864  
HATTON Jean Pierre ou Jean Joseph Prey près Bruyères 1864 1865
HENRY Cyrille Baudoncourt 1865 1865
HENRY frères Corbenay 1865 1865
HENRION Charles Rambervillers 1865  
HOUOT Nicolas Jarménil 1865 1866
HUGUENIN Jean Nicolas Cheniménil 1864  
JACQUOT Jean Joseph Bruyères 1864 1867
JARDEL Jean Nicolas St Jean D’Ormont 1866  
JEANJACQUOT Joseph Géroménil 1864  
JOLY Auguste St Nabord 1865 1868
KOECHLIN Jean Thaon 1864  
LAHEURTE frères La Baffe 1865  
LALLEMAND Louis Uzemain 1864  
LATRAYE Jean Baptiste Docelles 1869  
LAURENT Isidore Hautmougey 1867 1868
LAURENT & FLORENTIN Dommarie-Eulmont 1864  
LECOANET Antoine Eloyes 1864 1865
LECOANET Charles Jacques Tendon 1864  
LECOANET Joseph Arches 1864  
LECOMTE Jean Baptiste Granges 1865  
LEDUC Charles Joseph La Chapelle/Bois 1864  
LEGAY Nicolas Joseph Jarménil 1864 1868
LEHRMANN Bernard (fils) Kaysersberg 1864 1866
LEHRMANN Louis La Bourgonce 1867  
LOUIS Alexandre Senade 1869  
LOUIS frères & KREMER Tomblaine 1867  
MANGIN E. Queuleu 1869  
MANGIN Eugène Bains 1866  
MANGIN Jean Baptiste Senade 1869  
MANGIN Senade 1865 1866
MARCHAL Nicolas Joseph Eloyes 1864  
MARCHAL Constant Ménil 1866  
MARCHAL frères Gruey 1866  
MARCHAL St Laurent 1866  
MARIN Jean Baptiste Uzemain 1864  
MATHIEU Jean Xertigny 1869  
MERCIER Léger Hautmousey 1864  
MERCIER Léon Selles 1865  
MIRBECK Edouard (de) St Dié 1864  
MONCHABLON Nicolas Val d’Ajol 1864 1867
MOUGEL Jean Nicolas Tendon 1865  
MOUGEL Joseph Cheniménil 1864  
MOUGENEL V. Docelles 1869  
MUHR & CHEVALIER St Dié 1865  
MUNIERE Jean Apollon Cheniménil 1864  
MOUTTEZ François Xavier St Dié 1864 1866
NOEL Georges Granges 1864  
NOEL-VAUTRIN Uzéfaing 1869  
ORY Nicolas Corcieux 1869  
PARIS Claude Laurent St Etienne 1864  
PERRIN Emile Uzemain 1864  
PETITDEMANGE Jean-Baptiste Granges 1865 1866
PIERRAT Auguste Denipaire 1869  
PIERRE & LATRAYE Docelles 1865 1865
POIROT Alphonse Malenrupt 1868  
POIROT Jean Nicolas St Dié 1865  
POIRSON Eugène Corbenay 1865  
PORTE Jules Les Voivres 1864  
RANFAING Fays 1865 1866
RAYEL Jules Docelles 1866  
RETOURNARD & GEOFFROY Rambervillers 1864  
RIVAT Jean Joseph Xamontarupt 1864 1866
RIVAT Jean Joseph Champdray 1865 1865
RIVAT Lucien Docelles 1869  
ROBERT Auguste Fougerolles 1867  
ROBINET Léon Razé près Xertigny 1864  
ROESSLER Alfred St Dié 1869  
SALMON François Joseph Darnieulles 1864 1865
SAVINEAU Alexandre St Dié 1868  
SEITZ Emile Granges 1869  
THIAVILLE Claude Stanislas Eloyes 1864  
THIAVILLE Hubert Stanislas Eloyes 1864  
THIERY Etienne Bertrichamp 1865 1865
THIERY Joseph Chéniménil 1865  
THIERY Vincent Docelles 1865  
TISSERAND Constant St Nabord 1865  
THOMAS Laurent Eloyes 1865 1865
THOMAS Nicolas Harsault 1864  
THOMAS & JANOT Thuillières 1865  
VALENTIN Champ-le-Duc   1869
VALANCE Jean Baptiste Hemnimont 1869  
VALLET Emile Vignol 1865  
VAUTHIER Jean Baptiste Bains 1864  
VICHARD Paul St Dié 1866  
VILLAUME Charles Granges 1868  
VINOY Nicolas Joseph Laval 1869  
VIRY-PAXION Jean-Baptiste Victor Bruyères et Bains 1864  
VITU Prosper Epinal 1864  
WEHRLIN Joseph Aloïse Jarville 1865  

 

Stéphane LOUIS (UCGL 2597)


 



[1] Uriménil, canton de Xertigny, département des Vosges.

[2] Le département des Vosges – Description, histoire, statistiques, tome VI, Léon LOUIS et Paul CHEVREUX.

[3] Amidon extrait de la pomme de terre sous forme de fine poudre blanche.

[4] Hozel, commune de St Laurent, département des Vosges.

[5] La féculerie de Hozel devint ensuite la propriété de Mr THOUVENIN et cessa sa production en 1877, étant alors équipée d’une machine à vapeur de 4 chevaux.

[6] Une source importante pour cette étude fut La fécule et les féculeries des Vosges, par J. GUILGOT, 1878. L’auteur n’était autre que le gérant de l’Association Féculière. Une seconde source importante, très fortement inspirée de la précédente, fut Monographie de la Fécule dans les Vosges, par B. DAUTEL, membre titulaire de la Chambre de Commerce des Vosges, 1902.

[7] En 1828 la farine de froment valait 35 à 36 francs le kilo contre 25 à 26 francs le kilo de fécule.

[8] Arch. dép. Vosges, 2FI/3425.

[9] Original conservé dans les minutes de Maître LAILLET, notaire à Epinal, AD88 5E27/33. Le même document fut publié dans le Courrier des Vosges du 5 mai 1864.

[10] Le droit de douane n’était que de 1,20 francs par quintal.

[11] Importations d’environ 100 000 tonnes en 1877, ce chiffre est multiplié par 6 en 1890.

[12] AD88 G856.

[13] Ils étaient les parents du père BEGEL (1817-1884), prêtre fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Sainte Humilité de Marie. Voir Les Lorrains en Amérique du Nord, Jean Houpert, 1985, Sutton, Québec.

[14] Les prénoms soulignés sont les prénoms usuels.

[15] Les autres acheteurs furent, chacun pour 1/5 Joseph FARINEZ, propriétaire à Uriménil, Nicolas FARINEZ, féculier à Uriménil, et Jean Baptiste BRUEDER , féculier au Vieux Moulin commune de Hadol.

[16] Il ne reste aujourd’hui de la féculerie de Brennecône qu’une partie des caves lentement recouvertes par la végétation.

[17] Jean Del FARINEZ, marié sous le régime de la communauté à Marie Virginie FARINEZ, non seulement perdit l’ensemble de ses biens mais également ceux de sa femme.

[18] AD88 EDPT 490/2F1

[19] Nicolas HAILLANT était membre de nombreuses sociétés savantes et fut l’auteur de nombreux écrits dont un dictionnaire du patois lorrain : Essai sur un Patois Vosgien (Uriménil près Epinal), qui lui valut la mention honorable de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (séance du 24 juin 1887). J’ai écrit sa biographie disponible aux Archives militaires de Vincennes dans son dossier d’officier sous la cote N.89439 ou dans la bibliothèque des Archives Départementales des Vosges.

[20] La situation industrielle d’Uriménil en 1885 donne : 3 féculeries employant aucun contremaître ou surveillant, 10 ouvriers pour un salaire de 2 francs pour 18 heures de travail, une qualité de fabrication passable et des ventes « passables ». En 1888 : 3 féculeries employant 18 heures de contremaître, 18 heures de surveillants, 9 ouvriers pour un salaire compris entre 1,5 et 1,7 francs pour 18 heures de travail, une bonne qualité de fabrication et des ventes « moyennes ». Il est à noter que les féculeries d’Uriménil n’employaient ni manœuvre, charretier, femme ou enfant.

[21] 1864 : membre fondateur ; 1865 : entré ou sorti durant la période 1864-1865 ; 1866 : entré ou sorti durant la période 1865-1866 ; etc…

 

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